Une boîte vide est une sorte de déception, une envie de plus. Un intérieur obligeant un extérieur. Le vide exprime l’abandon d’une vie ou l’espoir d’une autre. Une boîte vide demande d’être remplie.
La boîte vide est choquante et inacceptable. La plupart des personnes ne peuvent considérer cela comme une œuvre d’art, car cela les confronte à ce sentiment de frustration. Ce vide implique directement une autre action, un désir d’avoir plus que le confinement qui leur est offert. Pourtant, cet interstice ouvre la voie à toutes les imaginations possibles. C’est comme si le sentiment de l’artiste devant la feuille blanche était offert au spectateur.
Imaginez une suite, où un élément prend place dans ce vide, obligeant un investissement, tant soit peu minime. L’admirateur devient lui-même créateur par son imagination.
C’est lisse et esthétique. À première vue, c’est accessible et avenant ! Mais l’introspection qu’offre le vide de la non-découverte est déroutante et effrayante pour la plupart des personnes. Elle fait oublier que cet objet n’est pas juste un emballage, mais un tout créatif. Et ce, particulièrement s’il a fallu un effort pour accéder à l’intérieur depuis l’extérieur.
Pour pouvoir comprendre, le décor a besoin de s’effacer, de s’absenter. Une fois à l’intérieur, il n’y a qu’un volume sans contenu visible. Le seul contenu qui peut y être vu est l’imagination, l’introspection.
Pour moi, il s’agit d’un cadeau, difficile à accepter, qui est offert à ceux qui savent l’apprécier et le garder dans leurs mémoires.




