Il n’est pas possible d’exister sans les autres et sans espace. L’art n’existe que par les autres et les espaces qu’il prend, même s’il est caché et créé pour ne pas être vu. L’art n’est pas présent par son aspect premier, mais bien par la volonté de son créateur, par le message lisible ou pas qu’il y enfouit, par les sentiments qui le motivent dans l’action de sa création. Quand un artiste crée, il y implique sa personne, sa vie, ses réactions affectives, souvent inexprimables par une autre voix. C’est pour cela que l’art évoque le plus souvent des angoisses, de l’espoir, des peurs, des joies, du désordre ou de l’amour. Sans cela, il n’y a pas d’art.

Sans une implication humaine de l’artiste dans son œuvre, il n’y a pas de définition artistique. Ce principe n’inclut donc pas la quantité, la qualité, la technique, le média ou la valeur des matériaux, mais bien l’histoire et les émotions de l’artiste.

Notre société est hyper matérialiste et mercantile. La poésie, les sentiments n’y ont pas leur place, sauf s’ils entrent en concordance avec une vision superficielle et accessible par le plus grand nombre. Ce qui va à l’encontre de la définition que je viens de proposer. L’art aujourd’hui laisse donc passer ce message de frustration de l’expression intérieure refoulée. Il oblige l’artiste à faire des contorsions invraisemblables pour arriver à s’exprimer sans s’y laisser paraître et oblige le plus souvent une lecture parallèle et ambiguë en rapport à son histoire et ses intentions intellectuelles.

L’art n’est donc pas le résultat d’une manifestation esthétique ou matérielle, mais bien d’une expression sincère qui peut prendre n’importe quelle forme matérielle ou immatérielle.